Marché conclu
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En rentrant chez elle, Émilie pense à cette première vraie journée à Saint-Clair. Les questions de Clara l'inquiètent un peu, mais elle se dit que c'est normal, que tout le monde est curieux au début.

La journée, somme toute, ne s'est pas si mal passée, se dit-elle en éteignant sa lampe de chevet. Elle referme les yeux avec l'étrange sentiment d'avoir survécu à quelque chose, sans savoir encore exactement à quoi.

Elle se couche ce soir-là en repensant à ce stylo tendu par Maxime, à ce geste minuscule qui, contre toute logique, continue d'occuper une place disproportionnée dans ses pensées.

Elle ne sait pas encore que la curiosité de Clara ne va pas s'arrêter là.

Chapitre 3. Une photo

Vocabulaire du chapitre

publier — публиковать

le groupe de discussion — групповой чат

la rumeur — слух

gênant / gênante — неловкий

découvrir — обнаруживать

effacer — стирать, удалять

la honte — стыд

le message — сообщение

partager — делиться

la panique — паника

cacher — прятать

deviner — догадываться

la légende (photo) — подпись (к фото)

déformé / déformée — искажённый

inaudible — неслышный

dessiner — рисовать

le carnet à dessin — альбом для рисования

Quelques jours passent. Émilie commence à se sentir un peu plus à l'aise à Saint-Clair. Elle a trouvé sa place à la bibliothèque pendant les pauses, loin du bruit de la cour. Elle pense parfois que, peut-être, cette fois, tout ira bien.

La matinée avait pourtant si bien commencé : un exposé réussi en cours de français, un sourire échangé avec Inès en passant devant la bibliothèque, l'impression fragile que les choses commençaient enfin à s'arranger.

Mais un mardi matin, tout change.

Ce genre de moment, aussi bref soit-il, laisse toujours une trace plus profonde qu'on ne le voudrait.

En arrivant devant sa salle de classe, Émilie remarque immédiatement que quelque chose ne va pas. Plusieurs élèves la regardent et chuchotent en même temps. Certains sourient d'une façon étrange, presque cruelle.

Ce soir-là, avant de s'endormir, elle ouvre malgré elle sa conversation avec Léna, sa meilleure amie de son ancienne école, celle avec qui elle partageait tout avant que tout ne s'effondre. Le dernier message, envoyé plusieurs semaines auparavant, reste sans réponse. Elle referme l'application sans rien écrire de plus, comprenant une fois de plus que cette amitié, comme tant d'autres choses de son ancienne vie, ne survivra probablement pas au déménagement.

— Qu'est-ce qui se passe ? demande-t-elle à voix basse, en s'approchant de sa place.

Personne, à cet instant précis, ne mesurait encore les conséquences de ce simple message partagé.

Personne ne lui répond directement. Une fille de la classe, Léa, lui tend son téléphone sans un mot.

Elle passe une partie de la soirée à dresser mentalement une liste de suspects possibles : Clara, évidemment, en tête de liste, mais aussi certains de ses amis, ou même un simple élève cherchant à se faire remarquer en partageant un scandale qui ne le concerne pas. Cette recherche silencieuse, aussi vaine soit-elle, lui donne au moins l'impression de reprendre un peu de contrôle sur une situation qui, autrement, lui échappe complètement.

Sur l'écran, Émilie voit une photo. Une vieille photo d'elle, prise dans son ancienne école, avec un message méchant écrit à côté, publié dans le groupe de discussion de la classe. La légende parle de son ancienne école, de la raison pour laquelle elle est partie, avec des détails déformés et exagérés.

Le cœur d'Émilie s'arrête un instant.

Ce matin-là encore, avant de partir pour le lycée, son père lui avait souhaité une bonne journée avec un sourire confiant, convaincu que les choses allaient enfin s'arranger pour sa fille. Ce souvenir, tout simple soit-il, rend la journée qui suit encore plus difficile à supporter pour Émilie.

Pendant une seconde, la salle entière semble tourner autour d'elle. Elle a l'impression de revivre exactement le même instant que des mois plus tôt, dans une autre salle de classe, avec d'autres visages, mais la même sensation de trahison et d'humiliation.

— Où... où avez-vous trouvé ça ? demande-t-elle, la voix tremblante.

Sa voix se brise légèrement sur les derniers mots, trahissant une panique qu'elle ne parvient plus à cacher complètement.

— Quelqu'un l'a trouvée sur internet, dit Léa, presque désolée. Ce n'est pas moi qui l'ai publiée.

Le professeur d'anglais, remarquant la nervosité inhabituelle de sa classe ce jour-là, fronce légèrement les sourcils sans toutefois chercher à en comprendre la cause, poursuivant son cours comme si de rien n'était.

Émilie regarde autour d'elle. Clara, un peu plus loin, observe la scène avec un sourire satisfait, sans rien dire. Émilie comprend immédiatement.

Ce sourire silencieux, plus que n'importe quelle parole, confirme à Émilie tout ce qu'elle avait déjà deviné sans oser se l'avouer complètement.

Elle sent la panique monter en elle. Tout ce qu'elle voulait éviter, tout ce qu'elle avait espéré laisser derrière elle, est maintenant affiché devant toute la classe.

Un garçon assis non loin, qu'elle n'a jamais remarqué auparavant, marmonne à l'attention de ses voisins :

— C'est vraiment pas cool, ce que vous faites. Personne ne lui répond, mais Émilie, qui a entendu malgré elle, garde ce court commentaire précieusement, comme une preuve que tout le monde, à Saint-Clair, ne partage pas la cruauté ambiante.

— Ce n'est pas ce que vous croyez, dit-elle doucement, mais sa voix est presque inaudible dans le bruit des chuchotements.

Le professeur arrive et demande le silence. Les élèves rangent rapidement leurs téléphones, mais les regards et les sourires moqueurs restent.

Elle se demande, en repensant à toute cette journée, si elle aurait dû réagir différemment, répondre quelque chose, n'importe quoi, plutôt que de rester silencieuse comme elle l'a toujours fait. Mais les mots, comme toujours dans ce genre de moment, lui avaient manqué au moment précis où elle en aurait eu le plus besoin.

Elle se souvient, avec une clarté douloureuse, du jour exact où cette même photo avait été prise, dans la cour de son ancienne école, un jour ordinaire, sans qu'elle se doute un instant qu'elle referait un jour surface dans un endroit aussi éloigné.

Pendant tout le cours, Émilie fixe son cahier sans réussir à se concentrer. Elle entend des murmures derrière elle, des petits rires étouffés. Elle sent son visage devenir rouge.

Elle griffonne des mots sans queue ni tête sur son cahier, incapable de suivre la moindre explication du professeur, uniquement concentrée sur l'effort de ne pas s'effondrer devant tout le monde. Chaque minute qui passe lui semble durer une éternité, et elle guette la sonnerie comme une délivrance.

À la pause, elle se réfugie dans les toilettes, ferme la porte d'une cabine et respire profondément. Elle ne veut pas pleurer ici, pas maintenant.

« Encore une fois, » pense-t-elle. « Ça recommence encore une fois. »

Elle repense à toutes les techniques qu'elle avait apprises pour survivre dans son ancienne école : ne jamais réagir, ne jamais pleurer devant les autres, toujours garder un visage neutre. Elle les remet en pratique presque automatiquement, comme des réflexes qu'elle n'a jamais vraiment perdus.

Elle repense à son ancienne école, aux mois de moqueries, aux messages cruels, à la peur d'aller en cours chaque matin. Elle pensait avoir laissé tout ça derrière elle en changeant de lycée. Elle s'était trompée.

Quand elle sort enfin des toilettes, elle croise le regard de Maxime dans le couloir. Il ne dit rien, mais il la regarde plus longtemps que d'habitude, comme s'il avait entendu parler de la photo, lui aussi.

Émilie baisse les yeux et continue son chemin, le cœur lourd.

Le reste de la journée, elle sent les regards sur elle partout : dans les couloirs, à la cantine, même dans le bus du retour. Personne ne lui parle directement, mais elle sait que tout le monde a vu la photo, ou du moins en a entendu parler.

Elle essaie de se concentrer sur autre chose, sur ses cours, sur les devoirs à faire, mais son esprit revient sans cesse à cette photo, à ce message, à la certitude glaçante que son passé vient de la rattraper, une fois de plus.

En rentrant chez elle, sa mère lui demande, comme d'habitude, comment s'est passée sa journée.

— Bien, répond Émilie, avec un sourire fatigué. Comme d'habitude.

Elle monte directement dans sa chambre, ferme la porte et s'assoit sur son lit. Elle prend son téléphone et regarde à nouveau la photo, le message cruel, les quelques commentaires ajoutés par certains élèves.

Elle efface l'application, comme si cela pouvait effacer aussi ce qui vient de se passer.

Le sommeil tarde à venir, son esprit refusant de lâcher prise sur les événements de la journée. Elle se dit, avant de sombrer enfin, que demain sera forcément différent, même si une partie d'elle n'y croit qu'à moitié.

La nuit tombe sans qu'elle ait vraiment avancé dans ses devoirs, son cahier resté ouvert à la même page depuis des heures, son esprit occupé ailleurs, bien loin des exercices de mathématiques qui l'attendent.

Le geste, aussi symbolique soit-il, ne suffit évidemment pas à calmer le tumulte qui continue d'agiter son esprit.

Elle sait, au fond d'elle, que ce n'est que le début.

Le lendemain, en arrivant un peu plus tôt à la bibliothèque pour éviter les regards, elle trouve une fille qu'elle n'a jamais vraiment remarquée, assise seule à une table près de la fenêtre, en train de dessiner dans un carnet.

— Tu es Émilie, non ? demande la fille, sans lever complètement les yeux de son dessin. Moi c'est Inès. On est dans la même classe d'anglais.

— Oui, dit Émilie, surprise qu'on lui adresse la parole gentiment pour une fois.

— J'ai vu ce qui s'est passé avec la photo, dit Inès doucement. C'est vraiment nul. Les gens ici peuvent être horribles quand ils s'ennuient.

Émilie ne sait pas quoi répondre, mais elle sent, pour la première fois depuis son arrivée à Saint-Clair, qu'elle n'est peut-être pas complètement seule.

— Merci, dit-elle simplement.

— Tu peux t'asseoir ici, si tu veux, propose Inès avec un léger sourire. Je ne mords pas.

Émilie hésite un instant, puis s'installe timidement à la table. Ce n'est qu'un petit geste, mais il compte plus qu'elle ne saurait le dire.

Chapitre 4. Encore une fois

Vocabulaire du chapitre

harceler — травить, преследовать

cacher (des affaires) — прятать (вещи)

le casier — шкафчик

ignorer — игнорировать

se taire — молчать

la solitude — одиночество

pleurer — плакать

se sentir mal — плохо себя чувствовать

garder le silence — хранить молчание

mentir — врать

la peur — страх

recommencer — начинаться заново

la fatigue — усталость

le cadenas — навесной замок

épuisé / épuisée — измученный

l'îlot (m) — островок

délibérément — намеренно

Les jours suivants sont difficiles. La photo et le message ont fait le tour de la classe, puis du niveau entier. Émilie sent maintenant des regards partout où elle va.

Les moqueries, comme une maladie sournoise, semblent se propager plus vite qu'Émilie n'aurait pu l'imaginer, touchant des élèves qu'elle n'avait encore jamais croisés, qui la regardent maintenant avec une curiosité malsaine dans les couloirs.

Les moqueries commencent doucement, presque invisibles au début. Un rire moqueur quand elle répond en cours. Un commentaire chuchoté quand elle passe dans le couloir. Puis, peu à peu, cela devient plus direct.

Elle apprend, malgré elle, à vivre avec cette tension permanente, comme un bruit de fond auquel on finit par s'habituer sans jamais vraiment s'y résigner.

Un matin, en arrivant à son casier, Émilie découvre que son cadenas a été changé. Elle essaie plusieurs fois son code, sans succès.

Le professeur d'éducation physique, monsieur Roux, remarque bien, sans jamais rien dire, qu'Émilie est systématiquement la dernière choisie pour les équipes. Il hésite parfois à intervenir, avant de se raviser, se disant que ce genre de dynamique sociale finit toujours par se résoudre d'elle-même. Émilie, de son côté, ne s'attend à aucune aide de ce côté-là, ayant depuis longtemps appris à ne compter que sur elle-même dans ce genre de situation.

— Besoin d'aide ? demande une voix moqueuse derrière elle.

Chaque jour semblait ajouter une pierre de plus à cet édifice fragile qu'elle tentait de maintenir debout.

C'est Clara, accompagnée de ses amies, qui observe la scène avec un sourire satisfait.

Un jour, Inès propose spontanément de raccompagner Émilie jusqu'à l'arrêt de bus, prolongeant ainsi leur temps ensemble au-delà des murs de la bibliothèque.

— Ça te dérange pas ? demande Inès.

— Non, dit Émilie, surprise et touchée par cette attention simple. Pas du tout. Elles marchent en silence pendant une bonne partie du trajet, un silence confortable, très différent de tous les autres silences pesants qu'Émilie a connus ces dernières semaines.

— Qu'est-ce que tu as fait ? demande Émilie, essayant de garder son calme.

— Moi ? Rien du tout, répond Clara, innocente. Peut-être que tu as juste oublié ton code.

Les jours raccourcissent rapidement en cette fin octobre, et une pluie fine commence à tomber régulièrement sur la cour du lycée, assortissant parfaitement son humeur maussade à celle du ciel gris qui s'étend au-dessus de Saint-Clair.

Émilie sait que ce n'est pas vrai, mais elle n'a aucune preuve. Elle décide finalement d'aller voir le gardien, qui l'aide à ouvrir le casier avec un outil spécial. À l'intérieur, ses affaires sont en désordre, certaines pages de son cahier sont froissées.

Le gardien, un homme âgé au visage bienveillant, lui propose gentiment de signaler l'incident, mais Émilie refuse poliment, préférant ne pas attirer davantage l'attention sur elle.

Elle range tout en silence, sans rien dire à personne.

Dans sa chambre, entourée de ses cahiers ouverts sur son bureau, Émilie peine à se concentrer sur ses exercices de physique, son esprit sans cesse ramené aux événements de la journée, malgré tous ses efforts pour les ignorer.

Inès, qu'elle recroise à la bibliothèque les jours suivants, devient peu à peu une présence régulière dans son quotidien. Elles ne parlent pas beaucoup, mais Inès a une façon tranquille d'être là, de proposer une place à côté d'elle sans poser de questions, qui apaise un peu la solitude d'Émilie.

Les jours suivants, les petites humiliations continuent. Des messages anonymes apparaissent dans le groupe de discussion de la classe, avec des blagues sur son ancienne école. Pendant les cours de sport, personne ne veut être dans son équipe. À la cantine, quand elle s'assoit à une table, les élèves autour se lèvent discrètement pour aller ailleurs.

Certains professeurs remarquent bien un changement dans son comportement, cette manière de toujours s'asseoir au premier rang, de ne jamais lever la main, de partir dès la sonnerie sans un mot à personne. Mais personne ne pose vraiment de questions, et Émilie ne cherche pas à en provoquer.

Émilie apprend vite à devenir invisible. Elle mange rapidement, seule, la tête baissée. Elle évite les couloirs bondés. Elle range ses affaires en dernier, pour ne croiser personne au vestiaire.

Un soir particulièrement difficile, elle va jusqu'à sortir un sac de sport de son placard, envisageant sérieusement de tout abandonner, de convaincre ses parents de la réinscrire ailleurs. Mais elle range finalement le sac, consciente qu'un nouveau déménagement ne garantirait en rien une situation différente, et que fuir, une fois de plus, ne résoudrait probablement rien de fondamental.

Une fois, pourtant, une exception : Inès s'assoit délibérément à côté d'elle à la cantine, ignorant les regards surpris des autres élèves.

— Ils ne me font pas peur, dit-elle simplement en haussant les épaules, avant de commencer à manger comme si de rien n'était.

Émilie ne sait pas comment la remercier pour ce petit acte de courage tranquille.

Chaque soir, elle rentre chez elle épuisée, non pas physiquement, mais émotionnellement. Chaque sourire forcé, chaque « tout va bien » qu'elle dit à sa mère lui coûte un peu plus d'énergie.

Elle développe, sans même s'en rendre compte, tout un arsenal de petites stratégies de survie : changer d'itinéraire pour éviter certains couloirs, arriver quelques minutes en avance pour choisir une place isolée, garder toujours un livre à portée de main comme prétexte à ne parler à personne.

Elle a l'impression de jouer un rôle du matin au soir, un rôle épuisant qui ne lui laisse aucun répit, pas même dans l'intimité de sa propre maison, où elle continue de sourire pour rassurer des parents qui n'imaginent pas à quel point la situation s'est déjà dégradée.

— Tu es sûre que tout va bien à l'école ? lui demande sa mère un soir, inquiète. Tu sembles fatiguée ces derniers temps.

Elle commence, sans vraiment s'en rendre compte, à perdre un peu d'appétit, sautant parfois le déjeuner simplement pour éviter la cantine et ses regards indiscrets. Personne, pour l'instant, ne semble remarquer ce détail, pas même ses parents, trop rassurés par ses sourires soigneusement entretenus chaque soir.

— Je m'adapte, c'est tout, répond Émilie. Nouveau lycée, nouveau rythme.

Le mensonge sort plus facilement qu'elle ne le voudrait, presque naturellement, comme si elle s'était entraînée toute sa vie à dire exactement ce que les autres avaient besoin d'entendre.

Elle ne veut pas inquiéter ses parents. Ils ont fait tellement d'efforts pour l'inscrire à Saint-Clair, ils ont économisé, ils espèrent tellement que cette nouvelle école sera la solution à tous ses problèmes. Elle ne veut pas leur dire que la même histoire recommence.

Elle se répète, presque comme une prière : « Ça va passer. Il faut juste tenir. Ça va passer. »

Elle pense aussi à Inès, à ce petit îlot de gentillesse au milieu de tout ce chaos, et se dit que peut-être, cette fois, elle n'est pas complètement seule à affronter la situation, même si elle n'ose pas encore vraiment y croire.

Mais au fond d'elle, une petite voix lui dit que ce n'est pas si simple. Que le silence ne suffit pas toujours à arrêter les gens comme Clara.

Cette petite voix, aussi discrète soit-elle, refuse obstinément de se taire complètement, même quand Émilie essaie de l'ignorer.

Un jour, en sortant du cours de mathématiques, elle entend clairement deux filles parler d'elle juste derrière son dos, sans se cacher.

— Tu as vu comment elle s'habille ? Elle porte les mêmes chaussures depuis la rentrée.

— Normal, avec une bourse, elle ne doit pas avoir beaucoup d'argent.

Elles rient. Émilie continue à marcher, le visage brûlant de honte, sans se retourner.

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