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La Fraternité Hiramique : Prophétie Du Temple Ezéchiel
La Fraternité Hiramique : Prophétie Du Temple Ezéchiel

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La Fraternité Hiramique : Prophétie Du Temple Ezéchiel

Язык: Французский
Год издания: 2019
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A l’époque de la sécheresse à Canaan, Israël et ses autres fils partirent en voyage pour l’Égypte pour y acheter des grains et où ils furent reçus par Joseph qui leur avait caché son identité avant de finalement se révéler à eux et de leur pardonner leur crime. Les frères s’installèrent en Égypte où leurs descendants florissants devinrent une minorité influente appelée ‘Hébreux’ ou ‘Israélites. Ils furent finalement asservis suite à l’allégation du Pharaon que le peuple hébreu « est plus nombreux et plus puissant que nous » (Exode 1-12) : une allégation qui avait établi le concept durable de ‘séparation’ et ‘victimisation’ du peuple juif.

Le Pharaon donna ensuite l’ordre que tous les nouveau-nés garçons hébreux soient tués. Mais la mère de l’enfant Moïse, né vers 1525 av. J.-C. (Exode 2), le cacha puis le posa sur le Nil dans un panier d’osier avant d’être adopté par une princesse égyptienne. Après avoir été élevé au sein de l’aristocratie égyptienne, Moïse apprit finalement sa lignée hébraïque et s’enfuit au pays de Madian dans la péninsule arabe où il fit la rencontre sur le chemin « l’ange du Seigneur » sous forme de buisson en feu (Exode 3 :2) duquel il reçut l’ordre de Dieu de conduire son peuple hors de l’esclavage. Moïse s’exécuta en demandant au Pharaon « Laisse mon peuple partir » (Exode 8 :1).

Quand le Pharaon refusa, Dieu envoya la peste sur les égyptiens qui obligea le Pharaon à céder et à autoriser les hébreux à partir. Le Pharaon envoya alors ses troupes à la poursuite des hébreux qui, en arrivant à la Mer Rouge, furent sauvés lorsque Dieu sépara les eaux de la mer pour permettre à Moïse et à son peuple de s’échapper et les égyptiens furent noyés lorsque la mer se referma sur eux.

Ce fut vers 1406 av. J.-C. que Josué – l’un des douze espions envoyés par Moïse pour explorer la terre de Canaan et nommé chef après la mort de Moïse – avait conduit les hébreux au pays de Canaan habité de divers peuples y compris, les amorites, les édomites, les jésuites hittites, les perizzites, le philistins et autres, que Josué avait exterminé par ordre de Dieu – un ordre contredisant les nombreuses déclarations bibliques selon laquelle, Dieu est tout miséricordieux. La conquête s’est réalisée grâce à plusieurs événements miraculeux, tels que la séparation du Jourdain et la bataille de Jéricho au cours de laquelle les murs de la ville se sont effondrés après que les hébreux aient soufflé dans leurs trompettes. Ensuite sur l’ordre de Dieu, les hébreux triomphants massacrèrent tous les hommes, toutes les femmes, tous les enfants de la ville.

Ayant supposément conquis la ‘Terre Promise’ avec sa ville païenne de Jérusalem, les hébreux ont ensuite passé des générations sous la gouvernance des ‘juges’ – qui étaient en fait des chamans, tels que Déborah, Gidéon, Samson et Samuel – avant de décider de nommer un roi, contrairement à l’interprétation de certains que cet acte aurait été un affront à la règle de Dieu inspirée divinement aux juges. Néanmoins, un personnage du nom de Samuel – dont l’existence est remise en question par de nombreux historiens – était devenu roi pour régner à partir d’environ 1043 av. J.-C. avant de tomber sur son épée pour se suicider et éviter d’être capturé dans la bataille contre les philistins. Le beau-fils de Saul, David, le remplaça pour gouverner Hébron pendant sept ans et ensuite Jérusalem pendant 43 ans.

La première mention de Jérusalem dans le récit biblique apparaît lorsque lors de la Bataille de Gabaon, Josué vainc le roi de Jérusalem (Josué 10 :5) et amène la ville sous le contrôle hébreu en demandant à Dieu d’arrêter le soleil – une impossibilité astronomique – pour que les combats se terminent le jour. Dieu accepta obligeamment et miraculeusement de le faire (Josué 10 :12). Conrad avait également appris que Jérusalem – mentionnée pour la première fois dans les textes d’exécration égyptiennes des 20ème – 19ème siècle av. J.-C. – fut fondée par le peuple proto-cananéen longtemps avant l’existence de tout ce qui ressemblait au judaïsme entre 4500 et 3500 av. J.-C. et était connue sous le nom de Daru Shalem en dédicace au dieu du crépuscule, Shalem. La ville fut ensuite gouvernée à partir d’environ 1500-1200 av. J.-C. par les pharaons de Memphis en Égypte avec les cananéens comme mandataires. Même après l’expiration de la domination pharaonique, les monarques cananéens avaient continué à exercer un contrôle sur la région où la culture et les croyances cananéennes prévalaient malgré l’absorption progressive de certaines pratiques religieuses qui seraient plus tard liées au judaïsme.

La fin du règne de Salomon, selon le récit, avait connu une division en deux royaumes Israël et Juda, le premier ayant été éventuellement attaqué deux fois par l’Empire assyrien en 732 et en 720 av. J.-C. L’allégation que son peuple ait été dispersé, amena la concoction des tribus d’Israël ‘perdues’ dans de nombreux endroits lointains. Cependant, Ezéchias de Juda avec sa capitale à Jérusalem avait réussi à négocier la paix avec les assyriens. C’est à cette période qu’un récit biblique eut finalement une corroboration alternative non-biblique sur l’existence du roi Hezekiah (vers 716 – 686 av. J.-C.) de sources assyriennes. Le récit de la bible le cite comme le roi ayant établi le culte de Dieu Unique/Yahweh/Jéhovah en interdisant l’adoration des divinités païennes du Temple. De nombreux érudits étaient d’avis que Josias, l’arrière-petit-fils d’Ezéchias et roi de Judée (vers 640-610 av. J.-C.) avait codifié les Écritures hébraïques avec la plupart des textes de l’Ancien Testament qu’on pense aujourd’hui dater au plus tôt du septième siècle avec la probabilité que le judaïsme lui-même date également de cette époque.

Néanmoins, Juda finit par succomber à l’empire néo-babylonien avec la chute de Jérusalem vers 590 av. J.-C. l’époque où le Premier Temple aurait été détruit et une partie de la population aurait été expulsée pour passer des décennies en l’exil connu sous le nom de ‘Captivité babylonienne’. Les exilés furent alors exposés aux concepts zoroastriens d’une vie après la mort, un paradis, un sauveur messianique et aux mythes zoroastriens cosmogoniques et eschatologiques où les hommes joueraient les rôles principaux. Ce qui est aujourd’hui connu sous le nom de ‘judaïsme’ était probablement le résultat de ce croisement interculturel au cours duquel les Psaumes 19 et 137 « par les rivières de Babylone » furent probablement conçues.

En 539 av. J.-C., le roi perse de l’Empire achéménide, après avoir conquis Babylone, avait autorisé les judéens exilés à retourner chez eux et à reconstruire leur temple. Mais beaucoup refusèrent l’opportunité et continuèrent à profiter des avantages de la société à laquelle ils étaient devenus attachés. La terre maintenant considérée comme ‘Judae’ tomba sous la domination perse jusqu’en 330 av. J.-C. jusqu’au jour où elle fut conquise par Alexandre le Grand et resta sous le contrôle grec jusqu’à la révolte en 167 av. J.-C. par un groupe rebelle judéen connu sous le nom de Maccabées. C’était sous le contrôle grec que le ‘Second Temple’ à Jérusalem devint le centre de la religion juive, mais il n’y eut aucun ‘état juif’ indépendant jusqu’à l’émergence de la dynastie hasmonéenne qui avait existé un siècle avant d’être remplacée par la dynastie hérodienne en acceptant la souveraineté romaine en 63 av. J.-C. et en cédant entièrement à la gouvernance romaine en 92 av. J.-C.

En raison des déportations antérieures – cela affecta d’ailleurs de nombreux autres groupes ethniques – les migrations volontaires ou simplement la nécessité de voyager à des fins commerciales, les communautés judéennes étaient déjà répandues en Mésopotamie, en Égypte, en Cyrénaïque (Libye), en Espagne, en Grèce, à Rome, et en ce qui est aujourd’hui le nord de la Turquie. Après la mort de Jésus, Jérusalem était devenue l’hôte d’une communauté cosmopolite de juifs et de gentils venus de loin et de partout, y compris ceux en pèlerinage.

La première Guerre judéo-romaine (66 – 73 de notre ère) consistait en une révolte judaïque déterminée contre la domination romaine, qui se termina par la destruction du Second Temple et l’exil forcé et l’asservissement de milliers de personnes, mais en aucun cas une expulsion à grande échelle. La guerre de Kitos ( en l’an 115 – 117) et la révolte Bar Kokhba (en l’an 132) connurent de nouvelles expulsions, y compris celle des chrétiens considérés comme une secte de la religion judaïque et interdis de résider à Jérusalem, qui deviendra plus tard une ville païenne où les judéens représentaient la minorité de la population grecque, romaine, syrienne et beaucoup d’autres. Donc, selon ses recherches, Conrad avait conclu qu’il n’y avait jamais eu d’état juif réel avec une ‘capitale éternelle’ d’Israël, et que toute prétention contraire n’était qu’une distorsion flagrante des faits historiques réels.

C’était à la suite d’une série de guerres judéo-romaines et d’expulsions que le christianisme se mit à ‘perdre’ son héritage judaïque en usurpant les éléments du culte païen du soleil et en changeant son jour sacré d’observance du samedi ‘le sabbat juif’ au dimanche le jour sacré et ‘vénérable du soleil’ de l’état. D’autres changements ont inclus ‘l’adoption’ d’une auréole de lumière couronnant la tête de dieu utilisé comme halo chrétien, et la naissance du Christ fut changée du 6 janvier au 25 décembre pour garder la date en conformité avec la célébration de la renaissance du soleil. Cette usurpation a apporté ses fruits, car vers le IVème siècle le christianisme était devenu la religion officielle de l’Empire romain avec pour résultat de nombreux judéens abandonnant leur identité en tant que ‘Peuple élu’ et embrassant la nouvelle foi. Donc en restant ethniquement judéens, ils avaient néanmoins abandonné la progéniture de leurs prédécesseurs à qui Dieu avait supposément donné le droit à la une Terre Promise.

Jérusalem devint alors une ville entièrement chrétienne marquée par l’église du Saint-Sépulcre, l’Eglise orthodoxe grecque de St Jean-Baptiste et l’Eglise de Sainte Marien construite par l’empereur Justinien. De nombreux chrétiens de Judée se sont ensuite convertis à l’islam après la conquête musulmane de la Palestine en l’an 635. Par conséquent, un grand nombre d’arabes palestiniens ont plus d’ADN commun avec les anciens judéens que les juif européens revendiquant le ‘droit de retour juif’ à leur terre ancestrale.

En tant que ville musulmane avec sa magnifique Mosquée Al-Aqsa construite sur le Mont du Temple au 8ème siècle, Jérusalem était devenue la troisième ville sacrée du monde islamique après La Mecque et Médine, et est restée un symbole de l’islam pendant plus de douze siècles de domination musulmane qui fut brièvement interrompue par les Croisés chrétiens du ‘Royaume de Jérusalem’ de 1099 à 1187 en redevenant chrétienne. C’était cependant un intermède chrétien lorsque Saladin le Magnifique - un chef musulman miséricordieux renommé chez les chrétiens – a fini par vaincre les croisés lors de la bataille décisive de Hatti en 1187 et ouvrir enfin la voie à la reconquête de la Palestine par les musulmans. Il autorisa les croisés à se battre en retraite avec dignité, donna droit aux chrétiens de visiter Jérusalem en pèlerinage, restaura les droits de la communauté orthodoxe grecque qui avait été réprimée par les catholiques romains et fut par conséquent remercié par l’empereur byzantin pour la protection des églises orthodoxes. Les musulmans ont alors repris le pouvoir à Jérusalem jusqu’à la défaite de l’Empire ottoman au cours de la première guerre mondiale. Les révélations après la Seconde guerre mondiale des camps de la mort nazis et des atrocités avaient généré à juste titre une immense compassion mondiale pour les juifs, que les sionistes ont exploités impitoyablement – par la création d’une ‘industrie de l’Holocauste – dans le but d’atteindre leurs objectifs et en trahissant des juifs.

Cela fut mie en évidence par l’auteur israélien Moshe Leshem qui dans son livre Balaam’s Curse : How Israel Lost its Way, and How it Can Find it Again (La malédiction de Balaam : comment Israël a perdu son chemin et comment elle peut le retrouver), a affirmé que le pouvoir israélien était proportionnel à l’expansion de la propagande de ‘l’Holocauste’ : « les juifs israéliens et américains sont entièrement d’accord sur le fait que la mémoire de l’Holocauste est une arme indispensable – qu’elle doit être utilisée sans relâche contre leur ennemi commun… les organismes et les individus juifs travaillent donc continuellement pour le rappeler au monde. En Amérique, la perpétuation de la mémoire de l’Holocauste représente aujourd’hui une entreprise d’une valeur de 100 millions de dollars par an, dont une partie est financée par le gouvernement. »

9

Jeudi 17 décembre

Parc technologique de Jérusalem, Malha, sud-ouest de Jérusalem

Au cours de son service militaire, Yaakov Katzir était un guerrier élite et une tête brûlée pour le Maglan, l’une des deux unités d’opérations spéciales de l’IDF, l’autre étant le Sayeret Matkal. Le Sayeret Matkal était une brigade d’opérations spéciales hautement secrètes sous couverture de statut mythique pour ses opérations chirurgicales rapides en Égypte, au Liban, en Jordanie et le sauvetage audacieux en 1976 de 103 otages juifs d’un avion détourné à l’aéroport d’Entebbe en Ouganda. La haine hébraïque et l’intention homicide pour les arabes dans les rangs du Sayeret Matkal étaient suffisamment développées pour permettre à ceux qui le souhaitaient de poursuivre une carrière politique – tels que le premier ministre Ehud Barak et Benjamin Netanyahu – sans avoir à lire l’odieuse Torah du roi dans laquelle les rabbins Yitzhak Shapira et Yosef Elitzur – les rabbins de l’occupation et les arbitres de la loi juive de Od Yosef Chai Yeshiva à Yitzhar – ont rédigé que « l’interdiction de tuer un gentil ne découle pas de la valeur intrinsèque de sa vie, et n’est pas essentiellement légitime en tant que telle. » Le livre se lit tel un manuel d’instructions rabbiniques décrivant les scénarios autorisant de tuer des bébés, des enfants et des adultes non-juifs avec l’affirmation que « il est clair qu’ils grandiront pour nous faire du mal. »

Les commandos de Maglan ont été aussi efficaces et sans limites dans leur comportement en se vantant du record de leurs impressionnantes opérations secrètes au Liban, y compris la deuxième guerre du Liban en 2006 que beaucoup d’israéliens considèrent comme n’étant pas particulièrement une victoire en raison de la perte 121 soldats et 44 civils israéliens, et des villes et des communautés rurales qui avaient subi un barrage de plus de 4 000 roquettes poussant près de 200 000 israéliens à fuir leurs maisons vers le nord et à chercher un abri ailleurs. Des renseignements stratégiques avaient toutefois permis à l’armée de l’air israélienne de lancer des attaques dévastatrices dans lesquelles l’arsenal de roquettes à longue-portée de Hezbollah fut détruit.

Katzir avec d’autres membres du Maglan avaient planté des dispositifs d’écoute sophistiqués – l’un des nombreux outils de surveillance à la disposition d’Israël – pour espionner et suivre les mouvements des communications du groupe militant libanais. Ces incursions au Liban par les commandos d’élite de l’IDF ne sont pas toujours des ‘opérations propres’, car des civils libanais avaient été tués pour éviter de causer un scandale politique lors des missions hautement prioritaires. Ces victimes étaient considérées dans le jargon militaire hébreux comme un ‘mikreh muzar’ ou ‘incident étrange’. Plus récemment, le militaire israélien avait révoqué la ‘directive hannibale’ qui demandait aux troupes israéliennes d’empêcher leurs camarades d’être capturés, même si cela signifiait de les tuer, comme ce fut le cas lors de plusieurs combats à Gaza.

La liquidation de palestiniens ‘gênants’ n’était pas un problème à Yaakov Katzir, un homme de cinq pieds solidement bâti aux cheveux noirs courts et aux traits sémitiques reconnaissables et sombres. Depuis qu’il avait fini son service militaire, il était devenu membre de la Fraternité Hiramique du Troisième Temple, son dévouement à la cause fut d’être un fanatique sans réserve.

Les réunions mensuelles de la Fraternité avaient lieu dans la salle de réunion d’une entreprise technologique israélienne située dans le parc technologique de Malha. En tant que quartier du sud-ouest de Jérusalem – et faisant partie de l’Empire ottoman depuis 1596 jusqu’au mandat britannique de la Palestine prenant effet en 1923 – Malha était connue sous le nom d’al-Maliha jusqu’à la Nakba palestinienne en 1948 ou ‘catastrophe’ lorsque près de 530 villages palestiniens ont été détruits par les forces paramilitaires sionistes également responsables de nombreux massacres, y compris celui de Deir Yassin. Les nouvelles de ces massacres et d’autres atrocités ont fait naître la peur et la panique chez les civils et força près de 750 000 palestiniens de fuir leurs maisons dont un bon nombre fut ensuite détruit ou occupé sans gêne par les émigrés juifs.

Même si les documents dans les archives israéliennes sur l’exode forcée avaient, selon la loi israélienne, été classifiés secrets il y a longtemps, ils avaient néanmoins été reclassés comme ‘top secrets’ et gardés scellés et cachés des chercheurs. La prévention à l’accès à ces documents controversés et embarrassants – y compris les rapports de massacres, de viols et d’autres atrocités commis par les combattants israéliens, soi-disant les plus ‘moraux’ – avaient été rappelés par la publication de livres d’historiens cherchant sans succès à découvrir les faits réels.

Etonnamment, cependant, un dossier intitulé ‘La fuite en 1948’ avait réussi à échapper au masque secret de la censure israélienne pour révéler des documents datant de 1960 à 1964 décrivant comment la version israélienne assainie des événements a évolué. C’est apparemment sous la direction du premier ministre David Ben-Gurion que des savants éminents de la fonction publique furent chargés de présenter des preuves à l’appui qu’Israël n’avait pas expulsé les palestiniens mais que ces derniers avaient quitté le pays de leur propre gré.

Évidemment, Ben Gurion avait en tant que premier ministre d’Israël reconnu l’importance du récit historique et comme sioniste avait concocté un récit justifiant la présence juive en Palestine affirmant que les palestiniens qui vivaient là avant l’intrusion violente du sionisme avaient le droit eux-mêmes d’essayer de soumettre leur propre récit de ‘La Catastrophe’ expliquant comment près de 750 000 d’entre eux avaient été terrorisés et expulsés de force pour devenir réfugiés. Ben-Gurion pensait que ces récits israéliens étaient de la plus haute importance dans les efforts diplomatiques d’Israël pour légitimer son existence et contrer le mouvement national palestinien. La prétention des palestiniens d’avoir été expulsés de leurs terres fut considérée comme étant un fait irréfutable. La communauté internationale considéra à la suite que le souhait des palestiniens à retourner à leur patrie était un droit justifié. Si d’un autre côté la communauté internationale ‘avalait’ le faux récit israélien affirmant que les palestiniens étaient partis de leur propre gré après avoir été persuadés par leurs dirigeants de le faire avec la promesse de retour après la victoire des arabes, alors la communauté internationale serait moins enclins à compatir pour leur cause.

La majorité des historiens – qu’ils soient sionistes ou autres – sont maintenant d’accord sur le fait que les habitants palestiniens d’au moins 120 villages ont été expulsés de force par les force paramilitaires juives, que la moitié des habitants des villages avaient fui à cause des combats et qu’on les avait ensuite empêché de retourner chez eux, et qu’il y eut uniquement que quelques cas où des villageois sont partis parce que leurs dirigeants leur avaient demandé de le faire. Bien que de nombreux documents d’archives israéliennes racontant la Nakba palestinienne soient toujours classifiés, les informations découvertes étaient suffisantes pour établir que dans la plupart des cas, les commandants en chef des forces paramilitaires israéliennes avaient ordonnés l’expulsion des palestiniens ; avait donné l’ordre que leurs maisons soient détruites ; et que non seulement Ben-Gurion avait gardé l’information pour lui-même mais qu’il avait également donné une autorisation orale ou verbale.

Bien que les documents israéliens disponibles ne fournissent pas de réponse claire quant à l’intention délibérée ou non d’expulser les palestiniens, le fait est que ‘les nouveaux historiens’ – historiens israéliens qui ont remis en question la validité des versions traditionnelles de l’histoire israélienne, y compris le rôle d’Israël dans l’Exode palestinienne de 1948 et la volonté arabe à discuter de la paix – tel que Benny Morris, ont maintenu que Ben Gurion avait un plan spécifique pour chasser les palestiniens et créer une patrie juive. Ce qui suit est un extrait de la version censurée des mémoires de Yitzhak Rabin publiée dans le New York Times le 23 octobre 1979 :

« Nous sommes sortis, Ben-Gurion nous accompagnait. Allon répéta sa question, Que faire de la population palestinienne ? Ben-Gurion agita sa main en un geste disant ‘Chassez-les !’ »

En dépit des preuves du contraire, un assaut des relations publiques israéliennes s’est ensuivi de mensonges éhontés affirmant « Nous n’avons pas expulsés les arabes de la Terre d’Israël… Après qu’ils soient restés dans notre zone contrôlée, aucun arabe n’a été expulsé par nous, » et « en vain, nous avons crié aux arabes qui traversaient les frontières : Restez avec nous ! » Les contemporains ayant des relations avec le gouvernement ou les forces paramilitaires lors du conflit étaient pleinement conscients que des centaines de milliers de palestiniens avaient été expulsés et empêchés de retourner chez eux, et ils ont reconnu que ces faits devaient être gardés secrets.

Suite aux pressions croissantes du début des années soixante par le président américain Kennedy et les intentions de l’Assemblée générale des Nations-Unies de s’occuper du problème des réfugiés palestiniens, Ben-Gurion a convoqué à une réunion les hauts responsables politiques, y compris le ministre des Affaires étrangères Golda Meir – après avoir déclaré « Il n’y a pas de peuple palestinien… Ce n’est pas comme si nous sommes venus et que nous les avons jeté dehors et pris leur pays. Ils n’existaient pas. » - pour réitérer sa conviction que le problème des réfugiés palestiniens était surtout une question de perception publique (hasbara) qui finira par persuader la communauté internationale que les réfugiés avaient fui de leur plein gré et n’avaient pas été expulsés.

Ben-Gurion avait insisté sur le fait « tout d’abord, nous devons raconter les faits de leur fuite. Autant que je sache, la plupart d’entre eux ont fui avant l’établissement de l’état, de leur propre gré, et contrairement à ce que Haganah leur avait dit en essayant de le convaincre de rester. Après l’établissement de l’état, pour autant que je sache, seuls les arabes de Ramle et de Lod ont quitté leurs terres ou ont été contraints de partir. » Le Haganah était l’armée des juifs avant l’indépendance en Palestine.

Ben-Gurion avait alors fermement établi le plan pour traiter le sujet même si certaines des personnes présentes étaient entièrement conscientes de l’inexactitude factuelle de ses affirmations. Moshe Dayan – qui après 1949 avait donné l’ordre lui-même l’expulsion des bédouins de Néguev – était un exemple des personnes présentes qui savaient que les arabes n’étaient pas parti ‘de leur plein gré’. Ben-Gurion avait également expliqué qu’Israël devait dire au monde : « Tous ces faits ne sont pas connus. Le ministère des Affaires étrangères avait préparé des informations à partir de documents des institutions arabes, du mufti, Jamal al-Husseini, au sujet de la fuite, que tout s’était produit de leur plein gré parce qu’on leur avait dit que le pays serait bientôt reconquis et qu’ils pourront y retourner pour devenir seigneur et maîtres. »

Ce récit de ‘l’innocence’ israélienne fut soutenue par des historiens israéliens malhonnêtes prétendant que les réfugiés palestiniens ne dépassant pas 500 000 personnes étaient partis volontairement en réponse aux demandes de leurs dirigeants leur assurant un retour rapide après la victoire, qui avaient délibérément planifié l’Exode et qui soutenaient que les massacres rares et regrettables tel que celui de Deir Yassin n’étaient autre que le résultat d’un acte extrémiste accompli par les soldats d’Irgun de Menachem Begin et de Lehi de Yitzhak Shamir. Pourtant malgré les atrocités reconnues par les extrémistes sous la direction de Begin et de Shamir, ces deux criminels de guerre sont devenus par la suite les premiers ministres d’un état criminel qui a constamment réclamé la plus haute valeur morale tout en condamnant la moralité de toute autre nation qui ose remettre en question ce que beaucoup considèrent comme étant un monstrueux nettoyage ethnique.

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