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Charlotte de Bourbon, princesse d'Orange
27
E. Benoit, Histoire de l'Édit de Nantes, t. Ier, p. 42. – De Thou, Histoire univ., t. III, p. 655. – Bayle, Dict. phil., Ve Rosier (Hugues, Sureau du).
28
«Quoy que le duc de Montpensier eût eu de la duchesse, sa femme, un fils et plusieurs filles, il ne laissa pas de songer à un second mariage, à l'âge de cinquante-cinq ans passés; et ayant fait choix de Catherine de Lorraine, fille de François de Lorraine, duc de Guise, et d'Anne d'Este, pour lors âgée seulement de dix-huit ans, le traité en fut passé à Angers, le 4 février 1570.» (Coustureau, Vie du duc de Montpensier, addit., p. 179). – Brantôme dit de Catherine de Lorraine que «bien tendrette d'aage, elle espousa son mary qui eût pu estre son ayeul». (Édit. L. Lal., t. IX, p. 646). – Le Laboureur (addit. aux Mém. de Castelnau, t. II, p. 735) allant au fond des choses, n'hésite pas à dire: «Le duc de Montpensier se maria, en premières noces à Jacqueline de Long-Vic, pour profiter du crédit de l'admiral Chabot, qui avoit épousé Françoise de Long-Vic, sa sœur aînée; et ce fut pour la mesme considération qu'il prit pour seconde femme Catherine de Lorraine, sœur du duc de Guise, auquel cette alliance fut plus utile pour achever de détacher ce prince des intérêts de sa maison, et pour le discréditer parmi des siens, qu'elle ne lui fut avantageuse… Il apprit par les suites des différends qu'il eut à la cour et par la conduite que cette seconde femme tint avec lui, qu'on n'avoit eu d'autre dessein que de désunir sa maison… en luy donnant pour le veiller une femme fort entreprenante et qui luy donna bien des affaires.»]
29
British museum, mss. Harlay, 1.582, fo 367.
30
Jacques Couet, ministre de la parole de Dieu, auteur du Traité servant à l'esclaircissement de la doctrine de la prédestination, Basle, »in-8o, 1779.» – Les lignes ci-dessus transcrites sont tirées de la préface de ce traité, dans laquelle Couet s'adresse «à haulte et puissante» dame, madame Louise-Julienne de Nassau, Electrice palatine.»]
31
Mémoires sur la vie et la mort de la sérénissime princesse Loyse-Julienne, Electrice palatine, née princesse d'Orange. 1 vol. in-4o; à Leyden, de l'imprimerie de Jean Main, 1625, fo 12.
32
De Thou, Hist. univ., t. II, p. 701.
33
Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 6.619.
34
Frédéric III s'est, en quelque sorte, peint lui-même dans cette vaste correspondance et dans son testament. En publiant l'une et l'autre, le savant et judicieux M. Kluckhohn a élevé un monument durable à la mémoire du prince électeur. Voir 1o sur Frédéric III, Le Laboureur, addit. aux Mém. de Castelnau, in-fo, t. Ier, p. 538 à 542; – les Mém. de Condé, passim; – D'Aubigné, Histoire univ., passim; – La Popolinière, Hist., passim; – Brantôme, édit., L. Lal., t. Ier, p. 313; – Baum, Th. de Bèze, append.; – Archives de Stuttgard, Frankreich, 16, no 40; —Bulletin de la Soc. d'hist. du prot. fr., année 1869, p. 287. – 2o Écrits de Frédéric III—das Testament Friedrichs des frommen, Kurfürsten der Pfalz, von A. Kluckhohn, in-4o; – Kluckhohn, Briefe Friedrichs des frommen, etc., etc., in-8o, 1868, 3 vol. – Voir, pour d'autres lettres de Frédéric III, en Angleterre, Calendar of State papers, foreign series, ann. 1560, 1562, 1563, 1567, 1668 et suiv.; – à Genève, Archiv., portef. histor., no 1.753; – en France, Bibl. nat., mss., f. fr., vol. 2.812, 3.193, 3.196, 3.210, 3.314, 3.318, 6.619, 15.544, et fonds Colbert, Ve vol. 397.
35
Dédicace de son célèbre ouvrage, intitulé la Gaule françoise (ap. Mém. de l'Estat de France sous Charles IX, t. II, p. 579).
36
Mém. de Condé, in-4o, t. III, p. 431.
37
Frédéric III couronna sa carrière par une profession solennelle de sa foi qu'il consigna dans un testament du 23 septembre 1575, contenant d'ailleurs, sur des points divers, une longue suite de dispositions. L'une d'elles, notamment, atteste sa constante sollicitude pour les nombreuses victimes des persécutions religieuses, qui, à leur sortie de France ou d'autres pays, avaient trouvé dans le Palatinat un accueil hospitalier, et pour celles qui à l'avenir, y chercheraient un refuge; il voulait que les unes continuassent à jouir des avantages dont elles étaient pourvues, et que des secours fussent assurés d'avance aux autres. Sa sollicitude se portait aussi, dans l'intérêt des professeurs, des étudiants et étrangers, de toutes conditions, qui ne parlaient pas l'allemand, sur la continuation du service divin qui se célébrait, en langue française, à Heydelberg.
38
Loc. cit.]
39
Bibl. nat., mss., f. fr., vol. 3.193, fo 62.
40
Lettre du duc de Montpensier à sa fille, l'abbesse de Farmoutiers (ap. dom Toussaint Duplessis, Hist. de l'église de Meaux, in-4o, 1731, t. II, Pièces justificatives, no 5).
41
Bibl. nat., mss., f. fr., vol. 3.353, fo 23.
42
Cette réponse, démesurément longue, est intégralement reproduite avec les annotations qu'elle nécessite, au no 2 de l'Appendice, dans la rudesse de ses assertions, pour la plupart outrageantes et mensongères.
43
«Le duc de Montpensier lors emplissoit la cour de plaintes, pour sa fille, l'abbesse de Jouarre, qui, se voyant menacée, s'enfuit à Heidelberg.» (D'Aubigné, Hist. univ., t. II, liv. 1er, ch. II.)
44
Bibl. nat., mss., f. fr., vol. 3,182, fos 58 et suiv. – Au dos du document ci-dessus transcrit se trouve la mention suivante: «Par commandement de messieurs le premier président et Boissonnet, conseiller, ceste information faicte par les officiers de Jouerre.»]
45
«Il y eut force dépesches vers le comte palatin pour r'avoir Charlotte de Bourbon, mais lui, ne voulant la renvoyer qu'avec bonnes cautions, pour la liberté de la dame en sa vie et en sa religion, le père aima mieux ne l'avoir jamais.» (D'Aubigné, Hist. univ., t. II., liv. Ier, chap. II). – «Le père, grand catholique, avoit redemandé sa fille à l'électeur, vers lequel fut envoyé M. le président de Thou, et puis M. d'Aumont. L'électeur offrit de la renvoyer au roi, pourvu qu'on ne la forçât point dans sa religion; mais M. de Montpensier aima mieux la laisser vivre éloignée de lui que de la voir, à ses yeux, professer une religion qui lui étoit si à contre-cœur.» (Mémoires pour servir à l'histoire de la Hollande et des autres provinces unies par Aubery de Maurier. Paris, in-12, 1688, p. 63.)
46
British museum, mss. Harlay, 1.582, fo 367.
47
British museum, mss. Harlay, 1.582, fo 367.
48
«La de Vandoma (qualification dédaigneusement appliquée par les Espagnols à Jeanne d'Albret) partio ayer para la dicha Vandoma. Oy el conde Lodovico, el almirante y toda la camarada se han de hallar alli para hazer su cena y el enterramiento del principe de Condé que por la honrra le quieren poner en la yglesia entre los otros de su sangre.» (Pedro de Aguila au duc d'Albe; Blois, 5 mai 1572, Archiv. nat. de France, K. 1.526, B. 32.)
49
Jeanne d'Albret succomba, à Paris, le 9 juin 1572. – Voir sur ses derniers moments et sur sa mort, notre publication intitulée: Gaspard de Coligny, amiral de France, t. III, p. 383, 384, 385.
50
Lettre de l'électeur Frédéric III, à J. Junius, de juin 1572 (ap. Kluckhohn, Briefe, etc., etc., Zweiter Band, no 662, p. 467). – Voir aussi, Calendar of state papers, foreign series, lettre du 27 juin 1572. On y lit: «Mademoiselle de Bourbon is very grieved at the death of the queen of Navarra.»]
51
Benoit, Hist. de l'édit de Nantes, t. Ier, p. 42. – Bayle, Dict. phil., Vc Rosier (Hugues Sureau du). – Voir aussi les détails que donne sur les missions de Maldonat et de du Rosier un écrit intitulé: «Oraison funèbre pour la mémoire de très noble madame Françoise de Bourbon, princesse de Sedan, faicte et prononcée par de Lalouette, président de Sedan, etc., etc. Sedan, in-4o, p. 10.»]
52
La confession et recongnoissance d'Hugues Sureau, dit du Rosier touchant sa chute en la papauté et les horribles scandales par lui commis, à, etc. (Mémoires de l'Estat de France sous Charles IX, t. II, p. 238 et suiv.).
53
Relation, ap. Kluckhohn, Briefe Friederich des frommens, Erst Band, p. 215 à 229. – Voir, sur la mission de Boquin, les développements contenus dans notre publication intitulée: Les protestants à la cour de Saint-Germain, lors du colloque de Poissy, 1574.
54
Doneau fut appelé, le 19 décembre 1572, à Heydelberg, pour y enseigner le droit romain.
55
Voir sur François Dujon, D. 1o Scrinium antiquarium, Groning, 1754, t. Ier, part. 2, Francisci Junii vita ab ipsomet conscripta; 2o G. Brandts, Historie der Reformatie, Amst., 1677, in-4o, Boek 5, 6, 7, 8, 9, 10, 15, 17.
56
«Taffin (Jean), Bleef echter tot in 1572, te Metz, beget zich naar den Paltz in weerd fransch predikant te Heidelberg.» (Dict. biogr., Holland.) – Voir sur J. Taffin, l'intéressante et substantielle monographie de M. Charles Rahlenbeck, intitulée: Jean Taffin, un réformateur belge du XVIe siècle, Leyde, 1886, br. in-8o.
57
La lettre écrite à Chastillon et à d'Andelot par Charlotte de Bourbon, le 12 mars 1573, est ici intégralement reproduite d'après l'original que M. le duc de La Trémoille possède dans ses riches archives, et qu'il a bien voulu me communiquer.
58
Jacqueline d'Entremont, que le duc de Savoie tenait alors en captivité. (Voir, sur ce point, notre publication intitulée Madame l'amirale de Coligny, après la Saint-Barthélemy. Br. in-8o, Paris, 1867.)
59
Archives de M. le duc de La Trémoille (même indication que dans la note précédente).
60
Mém. de l'Estat de France sous Charles IX, t. III, p. 6 à 15. – La Popelinière, Hist., t. II, liv. 36, fos 196, 197, 198. – Du Bouchet, Hist. de la maison de Coligny, p. 569.
61
Mém. de l'Estat de France sous Charles IX, t. III, p. 8.
62
Mém. de l'Estat de France sous Charles IX, t. III, p. 14, 15.
63
«Le roi, dit de Thou (Hist. univ., t. V, p. 6), éluda leurs demandes sous prétexte qu'elles n'intéressoient en rien la Pologne.»]
64
Bibl. nat., mss., f. Colbert, Ve vol. 397, fo 947.
65
Calendar of state papers, foreign series: 1o The queen to Dr Valentin Dale, 3 février 1574; – 2o Dr Dale to the queen, 19 février 1574; – 3o Answer, 8 mars 1574; – 4o Instruction to lord North in special embassy to the French king, 5 octobre 1574.
66
Sa suite se composait du duc de Nevers, du duc de Mayenne, du marquis d'Elbeuf, de Jacques de Silly, comte de Rochefort, du comte de Chaunes, de Jean Saulx-Tavannes, vicomte de Lagny, de Louis P. de la Mirandole, de René de Villequier, de Gaspard de Schomberg, d'Albert de Gondi, maréchal de Retz, de Roger de Bellegarde, de Belville, de Jacques de Levi de Quélus, de Gordes, des frères de Balzac d'Entragues, et de plus de six cents autres Français, tous gentilhommes. Il y avait, en outre, Pomponne de Bellièvre qui suivait le prince en qualité d'ambassadeur de France à la cour de Pologne, Gui du Faur de Pibrac, Gilbert de Noailles et Vincent Lauro, évêque de Mondovi, ministre du pape. (De Thou, Hist. univ., t. V, p. 21.)
67
Hist. univ., t. II, liv. II, ch. XIV.
68
Rappelons ici ces belles paroles que, quelques années auparavant, Frédéric III avait adressées à l'amiral: «Gratulamur tibi quod, præ cæteris, posthabitis omnibus iis rebus quas mundus amat, suscipit et admiratur, totus in propagatione gloriæ Dei acquiescas; nec dubitamus quin Deus his tuis conatibus felicem et exoptatum successum sit daturus, quos nos arduis ad Christum precibus juvare non cessabimus.» (Lettre du 23 mai 1561, ap. Kluckhohn, Briefe Friederich des frommen, Kurfürsten von der Pfalz, 1868, in-8o, t. Ier, p. 179). – L'électeur palatin, Frédéric III, a rédigé, sur son entrevue à Heydelberg avec le roi de Pologne, un récit en allemand, qui a été imprimé dans un recueil intitulé: Monumenta pietatis et litteraria virorum in re publica et litteraria illustrium selecta, Francfort, 1701, in-4o, et que reproduit le tome IV des œuvres de Brantôme (édit. L. Lal.), à l'appendice, p. 412 et suiv.
69
Mémoires, in-8o, 1877, t. Ier, p. 195, 196.
70
Kluckhohn, Briefe Friedrichs des frommen, t. II, p. 694.
71
Mém. de Mme Duplessis-Mornay, édit. de 1824, t. Ier, p. 80. —Histoire de la vie de messire Philippe de Mornay, Leyde, 1647, in-4o, p. 28.
72
«Condœus prœsens nuper publice processus est, in ecclesia gallica quæ est Argentorati, se gravissime Deum in eo offendisse, quod post illam parisiensem stragem, metu mortis, ad sacra pontificia accesserit, et petiit à Deo et ab ecclesia ut id sibi ignosceretur.» (Huberti Langueti Epist., lib. Ier, p. 19, 24 junii 1574.)
73
Lettre de Guillaume Ier, prince d'Orange, au comte Jean de Nassau, du 7 mai 1574. (Groen van Prinsterer, Correspondance de la maison d'Orange-Nassau, 1re série, t. IV, p. 385.) – Cette lettre, dans laquelle Guillaume parle de l'arrivée de Condé à Heydelberg, contient ce passage remarquable: «Il nous faut avoir cette assurance que Dieu n'abandonnera jamais les siens; dont nous voyons maintenant si mémorable exemple, en la France, où, après si cruel massacre de tant de seigneurs, gentilshommes et autres personnes de toutes qualitez, sexe et aage, et que chacun se proposoit la fin et une entière extirpation de tous ceux de la religion, et de la religion mesme, nous voyons ce néantmoins qu'ils ont de rechef la teste eslevée plus que jamais.»]
74
Charlotte Arbaleste de La Borde, veuve de Jean de Pas, seigneur de Feuquères. Elle était en 1572, âgée de vingt-deux ans.
75
Mém. de Mme de Mornay, édit. de 1824, t. Ier, p. 71.
76
Philippe de Mornay, en 1572, était âgé de vingt-trois ans.
77
Mém. de Mme de Mornay, édit. de 1824, t. Ier, p. 82.
78
Henri-Robert, duc de Bouillon, mourut le 2 décembre 1574. Il eut pour successeur Guillaume-Robert, son fils aîné, âgé de douze ans.
79
Mém. de Mme de Mornay, édit. de 1824, t. Ier, p. 84, 85. – Voir aussi l'Histoire de la vie de messire Philippe de Mornay, Leyde, in-4o.
80
Elle était fille de Diane de Poitiers, et avait hérité de la haine de celle-ci contre les protestants, ainsi que de l'âpre cupidité qui la poussait à s'enrichir de leurs dépouilles.
81
On voit par là que Mme de Bouillon mère était de la même école que le duc de Montpensier, et qu'elle n'avait pas plus de ménagements pour son fils, que Louis de Bourbon II n'en avait pour sa fille aînée; car, si la duchesse de Bouillon était exposée aux obsessions tenaces de son père, en matière religieuse, le duc de Bouillon, de son côté, avait à redouter et à déjouer les coupables manœuvres de sa mère, hostile à la religion réformée qu'il professait, et, par voie de conséquence, aux droits dont il était investi, dans l'étendue de son duché.
82
De Thou (Hist. univ., t. V, p. 166) dit en parlant de Charlotte de Bourbon: «C'estoit une princesse d'une grande beauté et de beaucoup d'esprit.» – Un autre écrivain dit: «Si le visage de cette princesse avoit de la sérénité et de la majesté, tout ensemble et des grâces non communes, son esprit avoit encore plus de beauté, et ses vertus, des attraits indicibles. (Mémoires sur la vie et la mort de la sérenissime princesse Louyse-Julianne, Electrice palatine, Leyde, 1625, 1 vol. in-4o.)
83
Durant les premiers mois de l'année 1572, Guillaume de Nassau séjourna en Allemagne, et tout particulièrement à Dillembourg, ainsi que le prouvent plusieurs de ses lettres datées de cette ville, il s'occupait d'organiser une armée, à la tête de laquelle il marcherait au secours de son frère Louis, qui se trouvait alors aux prises, dans le Hainaut, avec les forces espagnoles. Voulant, au sujet de l'expédition qu'il préparait, se concerter avec l'électeur palatin, il se rendit à Heydelberg, et ce fut très probablement alors qu'à la cour de ce prince il vit Charlotte de Bourbon. M. Groen van Prinsterer (Corresp. de la maison d'Orange-Nassau, Ire série, t. V, p. 113) se rapproche de notre opinion, sur ce point. Il en est de même de J. Van der Aa, dans l'ouvrage intitulé: Biographisch Woordenboek der Nederlanden, 1858, in-fo, Derde Deele, V. Charlotte de Bourbon.
84
«Quant à ceux qui avoient la cognoissance de la religion, je confesse que je ne les ai jamais haïs, car, puisque, dès le berceau, j'y avois été nourri, monsieur mon père y avoit vécu, y estoit mort, ayant chassé de ses seigneuries les abus de l'Eglise, qui est-ce qui trouvera estrange si ceste doctrine estoit tellement engravée en mon cœur et y avoit jecté telles racines, qu'en son temps elle est venue à apporter ses fruicts? Car combien, pour avoir esté, si longues années, nourri en la chambre de l'empereur, et estant en âge de porter les armes, que je me trouvai aussitôt enveloppé de grandes charges ès armées, pour ces raisons, dis-je, et veu le peu de bonne nourriture, quant à la religion, que nous avions, j'avois lors plus à la teste les armes, la chasse et autres exercices de jeunes seigneurs, que non pas ce qui estoit de mon salut: toutefois, j'ai grande occasion de remercier Dieu, qui n'a pas permis ceste sainte semence s'étouffer, qu'il avoit semée luy-mesme en moy; et dis dadvantage, que jamais ne m'ont plû ces cruelles exécutions de feux, de glaive, de submersions, qui estoient pour lors trop ordinaires à l'endroit de ceux de la religion.» (Apologie de Guillaume de Nassau, prince d'Orange, contre l'édict de proscription publié en 1580 par Philippe II, roi d'Espagne, Bruxelles et Leipzig, 1 vol. in-8o, p. 87, 88.)
85
Loin d'être taciturne, il se montrait au contraire si bien doué d'expansion et d'affabilité, qu'on a dit de lui: «C'étoit un personnage d'une merveilleuse vivacité d'esprit… jamais parole indiscrète ou arrogante ne sortait de sa bouche par colère, ni autrement; mesmes si aulcuns de ses domestiques luy faisoient faulte, il se contentoit de les admonester gracieusement, sans user de menaces ou propos injurieux; il avoit la parole douce et agréable, avec laquelle il faisoit ploïer les aultres seigneurs de la court, ainsy que bon luy sembloit; aimé et bien voulu sur tous aultres, pour une gracieuse façon de faire, qu'il avoit, de saluer, caresser, et arraisonner familièrement tout le monde.» (Mémoires de Pontus Payen, Bruxelles, Leipzig et Gand, 1861, in-8o, t. Ier, p. 42). – On lit dans un récit manuscrit, intitulé: Troubles des Pays-Bas (Bibl. nat., mss., f. fr., vol. 24.179): «Quand Guillaume de Nassau parloit, sa conversation étoit séduisante; son silence même étoit éloquent; on pouvoit lui appliquer le proverbe italien: Tacendo parla, parlando incanta.»]
86
Apologie précitée, p. 88.
87
Il existe une touchante lettre de lui sur ce grave sujet (Groen van Prinsterer, Corresp., 1re série, t. Ier, p. 47. Lettre du 15 octobre 1559, datée de Bruxelles). On y rencontre l'expression des louables sentiments qui l'animaient comme fils et comme frère, et auxquels il demeura fidèle.
88
Apologie précitée, p. 109.
89
J. – F. Lepetit, la Grande chronique de Hollande, Zélande, etc., in-fo, t. II, p. 174, 175, 176.
90
Groen van Prinsterer, Corresp., 1re série, t. IV, p. 175. Lettre du 22 juillet 1573.
91
P. Bor, Historie der Nederlandtsche Oorlogen, Seste Boek, p. 447, 448, 9 Augusti 1573.
92
Il écrivait au comte Jean de Nassau, à propos de la mort de Louis et de Henri: «Je vous confesse qu'il ne m'eust sçeu venir chose à plus grand regret; si est-ce que tousjours il nous faut conformer à la volonté de Dieu et avoir esgard à sa divine providence, que celui qui a respandu le sang de son fils unique, pour maintenir son église, ne fera rien que ce qui redondera à l'avancement de sa gloire et maintenement de son église, oires qu'il semble au monde chose impossible. Et combien que nous tous viendrions à mourir, et que tout ce pauvre peuple fust massacré et chassé, il nous faut toutefois avoir cette asseurance, que Dieu n'abandonnera jamais les siens, dont voyons maintenant si mémorable exemple en la France, où après si cruel massacre de tant de seigneurs, gentilshommes et autres personnes de toutes qualitez, sexe et âge, et que chacun se proposoit la fin et une entière extirpation de tous ceux de la religion, et de la religion mesme, nous voyons ce néantmoins, qu'ils ont derechef la teste eslevée plus que jamais, se trouvant le roy en plus de peines et fascheries que oncques auparavant, espérant que le seigneur Dieu, le bras duquel ne se raccourcit point, usera de sa puissance et miséricorde envers nous.» (Groen van Prinsterer, Corresp., 1re série, t. IV, p. 386, 387.)
93
Voir Appendice, no 3.
94
Lettre du 7 septembre 1574 (Groen van Prinsterer, Corresp., 1re série, t. V, p. 53).
95
Voir, sur les divers points ci-dessus indiqués, les documents recueillis par M. Groen van Prinsterer dans la Correspondance de la maison d'Orange-Nassau, 1re série, t. III, p. 326, 354, 367, 369, 387, 391, 394, 397.
96
Voir Appendice, no 4.
97
Voir Appendice, no 5.
98
Autographe (archives de M. le duc de La Trémoille).
99
Certains historiens des Pays-Bas qualifiaient la princesse de «vray miroir de toute vertu, et de princesse vrayment douée d'une piété singulière.» (Voir Lepetit, la Grande chronique de Hollande, Zélande, etc., t. II, p. 301. —Hist. des troubles et guerres civiles des Pays-Bas, par T. D. L., 1 vol. in-12, 1582, p. 358. Ouvrage attribué au prédicateur Ryckwaert d'Ypres.)
100
Genèse, chap. II, v. 18. —Proverbes, chap. XXXI, v. 12.
101
Groen van Prinsterer, Correspondance, 1re série, t. V, p. 165.
102
Voir Appendice, no 5.
103
Groen van Prinsterer, Correspondance, 1re série, t. V, p. 192.

